Vous souhaitez acheter un nouveau bien immobilier avant d’avoir vendu l’ancien ? Le prêt relais est une solution de financement temporaire conçue pour répondre à ce besoin spécifique. S’il peut s’avérer très pratique pour fluidifier une transition entre deux logements, il comporte également des risques à ne pas sous-estimer. Ce guide pratique vous explique tout ce qu’il faut savoir avant d’y recourir, et vous présente les alternatives possibles.
Qu’est-ce qu’un prêt relais ?
Le prêt relais est un crédit à court terme proposé par les banques pour vous permettre d’acheter un bien immobilier sans attendre la vente de votre logement actuel. Il repose sur une hypothèse : vous allez vendre rapidement et à bon prix.
Concrètement, la banque avance une partie de la valeur de votre bien actuel (entre 50 % et 80 % de sa valeur estimée), que vous remboursez une fois le bien vendu. Ce prêt est généralement accordé pour une durée de 12 à 24 mois maximum.
Les deux formes de prêt relais
Prêt relais sec
Il est utilisé seul, sans autre crédit. Il s’adresse aux personnes qui n’ont pas besoin d’un financement complémentaire pour acheter le nouveau bien (par exemple, parce qu’il est moins cher ou parce que l’emprunteur dispose d’un apport suffisant).
Prêt relais adossé (ou avec prêt complémentaire)
Il est couplé à un prêt immobilier classique pour financer la différence entre le prix du nouveau bien et le montant du prêt relais. C’est le cas le plus fréquent.
Exemple chiffré
Vous possédez un bien estimé à 300 000 € et vous souhaitez acheter un nouveau logement à 400 000 €.
- La banque accorde un prêt relais de 70 % de la valeur du bien actuel : 210 000 €
- Un prêt classique de 190 000 € complète l’achat
- Mensuellement, vous ne remboursez que les intérêts du prêt relais (le capital sera remboursé lors de la vente)
Lorsque vous vendez votre logement à 300 000 €, vous remboursez les 210 000 € du prêt relais et conservez le reste (après frais et taxes éventuels).
Les avantages du prêt relais
- Vous pouvez acheter immédiatement sans attendre la vente
- Pas besoin de déménager entre deux logements
- Souplesse dans la négociation : vous êtes acheteur « non conditionnel »
- Possibilité de regrouper l’ensemble dans un prêt global à la fin
Les risques à ne pas négliger
- Votre bien met du temps à se vendre, ce qui augmente les intérêts à payer
- Vous devez revendre à un prix inférieur à l’estimation : la différence reste à votre charge
- Possibilité de vous retrouver avec deux logements, deux charges et deux assurances
- Refus de la banque si votre profil est jugé instable (taux d’endettement élevé, logement difficile à vendre…)
Critères d’obtention
Les banques examinent plusieurs éléments avant d’accorder un prêt relais :
- Estimation réaliste du bien à vendre (souvent par deux agences ou un notaire)
- Taux d’endettement total (idéalement inférieur à 35 %)
- Solidité de votre situation professionnelle et patrimoniale
- État du marché immobilier local
Quelles alternatives au prêt relais ?
Le prêt achat-revente
Offre proposée par certaines banques, ce prêt fusionne l’opération d’achat et de revente en un seul crédit global. Il comprend un différé de remboursement et un taux unique, plus simple à gérer.
La vente avec clause suspensive
Vous signez un compromis pour le nouveau bien, mais sous condition de vendre le vôtre dans un délai défini (généralement 3 à 6 mois). Plus sécurisant, mais moins apprécié des vendeurs.
La location temporaire
Si vous avez vendu avant d’acheter, vous pouvez louer temporairement un logement, ou négocier un délai de libération après vente (convention d’occupation temporaire).
Notre conseil d’expert
Le prêt relais peut être un outil efficace pour fluidifier votre projet immobilier, à condition de :
- Bien connaître la valeur réelle de votre bien
- Vérifier que votre bien est facilement vendable (emplacement, prix, état)
- Prévoir une marge de sécurité dans votre budget
- Faire jouer la concurrence entre les banques ou passer par un courtier
Conclusion
Le prêt relais n’est pas une solution à prendre à la légère. Il convient aux profils prudents, bien accompagnés, qui connaissent leur marché local. Avant de vous engager, réalisez des simulations, faites estimer votre bien sérieusement, et comparez les conditions bancaires. Un courtier immobilier ou un professionnel du financement pourra vous aider à évaluer l’opportunité ou à trouver des solutions alternatives plus sécurisantes.

